Cher hôte,
Par ce site, nous vous souhaitons chaleureusement la bienvenue dans notre ville. Comme vous l'aurez constaté, il s'agit d'un accueil marqué d'un caractère particulier.
Un sens inné de l'hospitalité, empreint de christianisme nous incite à ne pas traiter le visiteur comme un touriste anonyme; nous nous adressons à lui, personnellement, en tant qu'hôte.
Loin de vouloir impressionner le touriste par 'notre' histoire, 'nos' monuments, 'notre' rayonnement, nous désirons, conformément aux règles de l'hospitalité, lui porter toute notre attention. Imaginez des amis qui ne se seraient plus vus depuis longtemps, nous aussi nous souhaitons rappeler le vécu, patrimoine commun, question de resserrer les liens.
Qu'est-ce qui nous lie?
L'objet de notre approche est ''Qu'est-ce qui nous lie?'' ou les liens établis au cours de l'histoire entre votre pays et notre ville. Mettant cette interaction en exergues, nous nous rendrons compte de notre proximité réciproque. La relation s'élargit…
Au-delà des frontières nationales, nous voulons souligner, renforcer les liens de parenté culturelle entre les peuples d'Europe et, répétons-le, entre votre pays et notre ville.
L'histoire de l'Europe retrace la vie de nombreux peuples, des peuples qui se sont développés “pour le meilleur et pour le pire”.
Notre vécu historique commun sur les plans politique, économique, religieux, socio-culturel, fera l'objet de notre exposé. Le tableau chronologique y afférent se présentera sous un angle spéculaire: Que devons-nous, nous Anversois, à l'expansion culturelle de notre visiteur? En revanche, dans quelle mesure notre visiteur, a-t-il pu bénéficier des valeurs d'Anvers?
Notre ville: votre ville
Le seconde approche: ''Notre ville : votre ville'': une promenade à travers Anvers, l'explication des liens précités. Les monuments, les sites pittoresques révèleront 'la petite histoire' entre Français et Anversois.
Les grandes lignes de l'histoire culturelle animeront notre journal historique, mettant en lumière le contact vivant entre citoyens individuels et visiteurs. Des petits détails peuvent révéler à suffisance le comportement des individus dans leur vie quotidienne. Au-delà de faits anodins - séjour d'un compatriote en un tel endroit - peut survenir, du moins espérons-le, un événement majeur. Si les pierres pouvaient parler…
Vous l'aurez compris ! Anvers est un peu danoise, allemande, espagnole, finnoise, britannique, grecque, irlandaise, italienne, luxembourgeoise, hollandaise, norvégienne, autrichienne, polonaise, portugaise, russe, tchèque, suédoise, américaine, mais aussi française. Mais force est de reconnaître que ces pays, et le vôtre aussi, sont un peu 'anversois': une Europe culturelle sans frontières…
La force inspiratrice du christianisme a contribué au développement de cette Europe. Au cours des siècles, des chrétiens ont pratiqué la vertu d'hospitalité, intensément, diversement. La Bible atteste que l'hospitalité chrétienne a été l'un des éléments constructifs de l'Europe.
La culture de l'Ancient Testament
L'Ancien Testament (Genèse 18,1-10), par exemple, rapporte qu'Abraham et sa femme Sarah reçoivent trois hôtes mystérieux avec beaucoup d'attention et de serviabilité. Si, pour la tradition artistique des chrétiens orthodoxes, ce récit du patriarche fait référence à la Sainte Trinité, il évoque aussi la 'Philoxénia' (hospitalité) d'Abraham, hospitalité manifestée envers un étranger, Dieu lui-même sous les traits d'un ange.
L'Evangile de Jésus
Dans l'Evangile, Dieu identifié à un étranger correspond à la plus profonde aspiration de recevoir un hôte. Ecoutez les oeuvres de Miséricorde (Math.25,35): ''Car j'étais un étranger et tu m'as hébergé''.
Dieu lui-même frappe à ta porte. Lors du Jugement dernier, Il tiendra compte de cette oeuvre miséricordieuse.
Jésus chez Marthe et Marie (Luc 10,38-42) dans sa prédication exhorte à porter toute attention à la personne de l'hôte, à ne pas se perdre en conjectures.
Saint Paul: la vertu de l'hospitalité
Pour l'apôtre Paul, l'hospitalité est une vertu particulière, sûrement pour les responsables (Rom.12, 13; 1 Tim.3,2; 1 Tim 5,10; Tite 1,7-8). Pierre aussi invite son auditoire à pratiquer l'hospitalité… sans réticence (1 Pierre 4,9). Dans l'épître aux Hébreux (13,2), il évoque Abraham: ''Ne négligez pas l'hospitalité; d'aucuns ont hébergé des anges à leur insu''.
Cette valeur estimée entre toutes est un geste de charité pratiqué par les disciples du Christ. Mise à part l'hospitalité privée, des Chrétiens ont institutionnalisé ce service social pour lui donner de l'extension.
La fin de l'Empire Romain
A la fin de l'Empire romain, il existait des institutions chrétiennes sporadiques pour héberger et soigner des étrangers et des pauvres; ils y sont traités 'en hôtes'. L'Hôtel-Dieu à Paris ne date-t-il pas du 7ième siècle? Dans les Balkans, sous le vocable 'xenodochium' l'on désigne un hospice spécialement destiné aux étrangers.
Les pères Bénédictins
Les Pères bénédictins ont contribué, au début du moyen-âge, à créer un réseau d'hospices pour voyageurs. Leur règle datant d'environ 540 leur dicte de recevoir chaque hôte comme s'il s'agissait du Christ luimême; depuis, un quartier destiné aux hôtes flanque chaque abbaye.
Les grandes routes de pélerinage
Un chapitre traite des grandes routes de pèlerinage, plus spécialement celle vers Saint-Jacques de Compostelle, au Nord de l'Espagne. S'y greffe tout un réseau d'hospices dirigés soit par des couvents soit par d'anciens pèlerins ou autres particuliers. Comme la route de Compostelle, sur le tronçon du Nord de l'Europe à Paris, Anvers disposait au 15ième siècle d'une maison de pèlerins avec chapelle en dehors des vieux remparts. Cette chapelle préfigura l'église monumentale de Saint-Jacques. Au 16ième siècle, nous retrouvons cet hospice à la 'Prinsesstraat' (rue de la princesse).
De nombreuses notes de voyage de pèlerins vers Compostelle nous donnent des exemples d'hospitalité. Un beau jour, une villageoise présente à Jean de Tournai et à son compagnon Guillaume une omelette fraîche: pareil geste d'amitié aiguise l'appétit.
Mais l'hospitalité peut vous faire faire des affaires. Le cas échéant, elle vous permet de subtiliser de l'argent, sournoisement. La célèbre légende de Saint-Jacques qui sauve un innocent de la pendaison, tandis que l'aubergiste cupide et criminel est comdamné à mort, illustre parfaitement qu'un véritable chrétien doit s'opposer à toute tromperie envers des étrangers.
Saints
Saint-Julien l'Hospitalier, Sainte-Gertrude de Nivelles (7ième siècle) et d'autres encore sont devenus 'patrons' d'hospices pour avoir pratiqué eux-mêmes l'hospitalité d'une manière exemplaire. A Anvers d'ailleurs, existe l'Hospice Saint-Julien. Lors des croisades s'érigèrent de véritables ordres de chevaliers hospitaliers: l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (l'Ordre de Malte, aux environ de 1040) et l'Ordre Teutonique (1190) pour recueillir les pèlerins et les protéger contre les Mahométans hostiles.
Autre exemple, lénifiant celui-là: la race des chiens Saint-Bernard. Ils doivent leur nom, comme d'ailleurs deux montagnes et cols des Alpes suisses, à Saint-Bernard de Menton qui y fondit une abbaye en 962. Les moines se faisaient un devoir de rechercher grâce à leurs chiens les voyageurs égarés ou ensevelis sous la neige. La reconnaissance des rescapés fut telle que les pères obtinrent des dons de toute l'Europe.
Depuis le 13ième siècle, beaucoup d'hospices urbains sont devenus des maisons de soins (nos 'hôpitaux' modernes): on y apporte des soins médicaux à ses propres citoyens 'hospitalisés', le terme restant inchangé.
Hospitalité
Partant de cette même inspiration, nous voulons en tant que chrétien ajouter d'une manière originale une nouvelle dimension au tourisme moderne, notamment par ce genre ‘d'hospitalité mettant en relief les acquis communs du visiteur et de son hôte. Anvers 1993, capitale culturelle de l'Europe fut pour nous l'occasion d'élaborer pareille initiative.
Nous aimerions que visiteurs et autochtones aient l'envie d'approfondir la connaissance de la culture européenne, de découvrir la parenté mutuelle des peuples.
Puissent nos souhaits se réaliser, au contact des Anversois, à l'épreuve de leur hospitalité.
Ce noble but de l'hospitalité, se sentir 'chez soi' à l'aise, dans 'notre' Anvers à nous tous, nous espérons l'avoir atteint par ce site et nos publications.
Abbé Rudi Mannaerts

  |  Nos petits guides de la série ''Chers voisins de ...'' sont très utiles pour mieux comprendre les relations spécifiques qu' Anvers, port et ville internationale, a entretenues et entretient encore aujourd'hui avec chaque pays européen en particulier. Ces liens commerciaux, artistiques et intellectuels, tissés réciproquement tout au (Meer...) 

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Laatste wijziging op 18/8/2002