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La Polyglotte d´Anvers.

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L´édition d´une bible polyglotte au XVIème siècle représentait une grande entreprise nécessitant de multiples compétences.
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Le Cardinal de Granvelle, protecteur de Christophe Plantin s´assura l´intervention de Philippe II, roi d´Espagne qui finança, soutint et suivit sa réalisation. Aussi porte-t´elle son nom ; on l´appelle plus communément la « Bible Royale » ou « de Philippe II » mais aussi la « Bible d´Anvers » ou « de Plantin » parce qu´elle a été imprimée dans cette ville.
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Page de titre de la Polyglotte d'Anvers (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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Philippe II nomma Arias Montanus pour superviser le travail et corriger les épreuves. Ce savant espagnol arriva à Anvers le 15 Mai 1568.
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Christophe Plantin a fait fondre spécialement pour cet ouvrage les caractères nécessaires qu´il a fait graver par Robert Granjon et Guillaume Le Bé.
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On se servit pour l´hébreu des caractères employés pour la Bible de Bomberg.
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Ainsi les caractères et le papier étaient plus beaux que ceux de la Polyglotte d´Alcala. Mais l´imprimeur y a investi une grande partie de sa fortune.
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Arias Montanus a effectué le travail de collecte des versions dans les différentes langues. Il avait en sa possession la version latine des targums sur les prophètes et un très ancien manuscrit hébreu.
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Il fit appel aux grands savants de l´époque : André Maes, François Luc de Bruges, Guy Le Fèvre de la Boderie et son frère Nicolas, François Ravlenghien et son frère Nicolas-Guy, Jean Willem dit Harlemius, etc...
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L´impression commença au mois de juillet 1568. Le premier tome fut achevé le premier mars 1569 et tout l´ouvrage le 31 mai 1572.
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On y employa soixante ouvriers qui ne cesseront de travailler pendant quatre ans. On tira 960 exemplaires ordinaires, 200 meilleurs, 30 fins, 10 extra-fins et 13 sur parchemin.
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Arias Montanus avait demandé à Pie V son approbation. Mais le pape lui reprocha d´avoir utilisé la version latine de Pagnini et quelques traités de l´Apparatus qui faisaient trop référence au Talmud et à Sébastien Munster. Aussi, Arias Montanus se déplaça immédiatement à Rome afin de s´expliquer. Pie V était mort le premier mai. Grégoire XIII, élu peu de temps après, se montra plus favorable et adressa à Philippe II, le 20 Octobre 1572, un bref, dans lequel il qualifie la polyglotte « Opus vere regium ».
Tenant compte des critiques, l´apparatus fut réimprimé du 2 août 1572 ou 14 août 1573.
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Cependant les choix d´Arias Montanus suscitant des jalousies, Léon de Castro, professeur de langues orientales à Salamanque le dénonça à l´Inquisition Espagnole. Il lui reprochait d´avoir présenté la traduction de Pagnini comme la version la plus exacte des textes hébreux et grec et d´avoir recommandé de recourir aux sources originales. Arias Montanus se défendit en 1576. Mariana, inquisiteur, signala des fautes très réelles, mais déclara qu´elles n´étaient pas suffisantes pour faire condamner la Polyglotte du Roi d´Espagne. L´affaire ne fut terminée qu´en 1580.
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Cet ouvrage fut très bien reçu dans toute l´Europe et approuvé par les plus célèbres universités.
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L´objectif initial a été atteint, cette édition est fort belle et plus complète que la bible d´Alcala. Les exemplaires furent vite distribués et devinrent rares et recherchés.
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Notes de Jacques Thomas sur la Polyglotte d'Anvers (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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