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La Vieille Latine, ou Vetus Latina.

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Le grec fut la langue primitive de l´Eglise. Le besoin d´une version de l´Ecriture en langue latine se fit sentir du jour où, dans le monde romain, eurent été gagnés à la foi chrétienne de larges groupes qui ne comprenaient pas le grec. Il fallait la rendre accessible à ceux qui ne maîtrisaient pas le grec, ceux de certaines provinces occidentales de l´Empire romain où le grec n´était connu que des lettrés et où les masses se servaient du latin (en Afrique du Nord et au sud des Gaules).
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C´est en Afrique, vers le milieu du IIème siècle, que l´attestation la plus ancienne d´une traduction en langue latine d´une partie du Nouveau Testament nous est fournie par les « Actes des Martyrs Scillitains » : douze martyrs originaires de Scillium en Numidie furent jugés le 17 juillet 180 à Carthage devant le tribunal du proconsul Saturnus ; ils déclarèrent lors de leur procès être en possession des "libri et epistulae Pauli, viri iusti".
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Quelques années plus tard TERTULLIEN était en possession d´au moins 2 versions latines du Nouveau Testament. A l´époque de Saint-CYPRIEN pratiquement la totalité des livres de la Bible était traduit en latin. Grâce aux écrits de NOVATIEN, nous savons qu´à Rome, vers la même époque l´Eglise de Rome disposait d´une version latine de l´Ecriture. Ces premières versions sont toutes antérieures à la révision du texte latin des Ecritures entreprise et réalisée par Saint Jérôme. Les versions latines préhieronymiennes sont appelées VIEILLES LATINES.
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Page de la Génèse avec une phrase de la Vieille Latine et son commentaire (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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Cette « VETUS LATINA » pose certains problèmes quant aux auteurs, aux lieux d´origine, aux dates, aux transmissions, aux influences qui ne sont pas encore complètement résolus. L'importance des vieilles latines comme témoins du texte tient d'abord à leur ancienneté (il en est qui datent de la seconde moitié du second siècle) puis au caractère de la traduction (fidélité au texte original), et aussi au fait que ces versions représentent le texte dit "occidental" qui, aux IIème et IIIème siècles, était répandu un peu partout, tant en Orient qu'en Occident.
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On peut considérer comme acquise la distinction de deux types principaux
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l´un dit « AFRICAIN » (en référence à l´attestation carthaginoise)
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 | |  | Codex Bobbiensis (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT) |
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Codex Vercellensis (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT) |  | |  |
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Dans un type comme dans l´autre, la traduction est strictement littérale. Les mots latins recouvrent les mots grecs à la manière d´un calque et cela aux dépens des nuances du texte original. Les différences entre les deux types tiennent soit à des particularités linguistiques constamment attestées, soit à des leçons propres dont l´origine doit être cherchée dans le texte grec utilisé pour les révisions, quand elles ne sont pas à mettre au compte des copistes.
Le texte qui a servi pour ces versions n´est pas le texte hébreu mais le texte grec des Septante tel qu´il était avant les « Hexaples d´ORIGENE ». Les références bibliques trouvées dans les textes de Cyprien, de Priscillien de Tyconius sont issus de la version "africaine".
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Pour montrer un exemple de différences entre la version Africaine et la version Européenne on peut se servir d´un extrait de l´Evangile de Matthieu dans l´une et l´autre version :
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pour la version Africaine : extrait du « Codex Bobbiensis »
(le plus ancien manuscrit africain des Evangiles IVème-Vème siècle)
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pour la version Européenne : extrait du « Codex Vercellensis »
(daté du IVème siècle).
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Certains exégètes ont étudié les différences qui pouvaient exister entre la version africaine et la version européenne ; parmi eux citons le R.P. LAGRANGE o.p. qui attesta que le texte africain est plus ancien que le texte européen et qu'il représente une traduction originale faite en Afrique et due à plusieurs auteurs. Quant au texte européen, il provient d'une autre traduction faite indépendamment de l'africaine. Ce point de vue n'a pas fait l'unanimité de ceux qui se sont appliqués à l'étude des vieilles latines. Certains contrairement au père Lagrange considèrent qu'à la base, il y a une version unique d'origine africaine. Le travail des recenseurs avec ses retouches et ses corrections, aurait abouti à la formation d'un nouveau texte appelé "européen".
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