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Enseignement de Jacques Thomas de 1881 à 1893.

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Le « Bulletin de l´Institut Catholique de Toulouse » du 1er décembre 1881 salue l´arrivée du nouvel enseignant en évoquant ses recensions d´ouvrages :
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« Ces deux articles bibliographiques, malgré leur brièveté et leur allure modeste, renferment des observations et des idées personnelles qui dénotent une sérieuse compétence et une science déjà sûre d´elle-même... »
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Jacques Thomas avait alors 28 ans.
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En 1888, dans le « Bulletin de l´Institut Catholique de Toulouse », Jacques Thomas présente son enseignement de l´hébreu :
« Dans les premières leçons, le professeur s´applique à ne donner que les notions nécessaires pour arriver à lire et à traduire un texte ; [puis] il pourra exposer avec plus de développement les théories de la phonétique, de la morphologie et de la syntaxe hébraïque. Il importe cependant dès le début, même dans une exposition élémentaire, de tenir compte des progrés réalisés par la méthode historique et comparative et de s´affranchir des classifications et dénominations inutiles ou inexactes qui ne persistent que trop dans les manuels ordinaires...
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... l´application des connaissances de philologie générale, la comparaison méthodique des formes actuelles, les rapprochements avec les langues de même famille, tels sont les procédés mis en œuvre par l´école moderne pour la construction de la grammaire hébraïque : elle les emploie simultanément ; ils se contrôlent et se complètent ; ce que l´un suggère l´autre le confirme, et réciproquement. »
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Il base son cours d´hébreu sur l´étude du Livre de Jonas pour les premières années, et sur l´étude du Livre d´Isaïe pour les secondes années.
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En 1888 il ouvre un cours élémentaire de syriaque pour les élèves déjà initiés à l´hébreu. Il explique quelques morceaux choisis de la version syriaque du Nouveau Testament et la Chrestomathie de Bernstein. Il justifie ainsi cet enseignement : « aucune langue sémitique ne possède une littérature chrétienne aussi abondante : elle ouvre un vaste champ d´étude sur l´histoire, la liturgie, le développement théologique des églises orientales. »
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« La Chaire d´Ecriture Sainte, dans l´enseignement supérieur chrétien, dans l´enseignement d´une Faculté de théologie catholique, a toujours eu une importance capitale. Elle est la première en dignité ; son objet immédiat est la parole même de Dieu, la Bible. La Bible, source de la doctrine constitue l´élément divin de la science sacrée ; elle a toujours servi et servira toujours de pivot à la démonstration de la divinité du christianisme. » (Mgr. Duilhé de Saint Projet).
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Pour Jacques Thomas, l´enseignement supérieur vise moins à donner des résultats acquis, des applications toutes faites, qu´à fournir aux étudiants les meilleurs outils pour des travaux ultérieurs et personnels.
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Il choisit d´enseigner l´Ecriture Sainte sous la forme d´une introduction mais, il « jugeait que l´introduction, telle qu´elle était pratiquée, avait le tort de poser trop de conclusions sans bases suffisantes ; il jugeait qu´une enquête dans les textes eux-mêmes était l´indispensable introduction à l´introduction, et qu´il la fallait littérale, historique, réelle, dût-elle parfois conclure autrement que les auteurs les plus classiques et quelquefois même ne conclure point. »
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Pour ce faire, il applique la méthode historique et critique qui consiste à « grouper la littérature biblique par époques, replacer les Livres saints dans leur milieu historique, faire ressentir les circonstances, les sources, le mode de composition de l´auteur, en tenant compte des découvertes, des travaux contemporains, rapprocher du texte sacré les lumière la valeur de son témoignage... »
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Il commence son enseignement en étudiant, sous le titre général
« données archéologiques, philologiques et scientifiques qui mettent en Histoire critique et littéraire de l´Ancien Testament » : Isaïe, Jérémie, les Lamentations, Ezéchiel, Daniel, les douze petits prophètes...
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Puis il étudie le Pentateuque, le Livre de Josué, le Livre des Juges et les Livres de Samuel, en traitant des origines d´Israël, et de la fondation de la monarchie juive.
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Il inclut l´étude des Livres des Rois et des Chroniques dans une histoire de Juda et d´Israël ; de même l´étude des Livres d´Esdras, de Néhémie, de Tobie, de Judith, d´Esther et des Livres des Maccabées, dans l´histoire des juifs sous la domination perse et grecque.
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Il intitule un de ses cours « Histoire du Monde oriental », et y traite de l´histoire de la Chaldée et de l´Assyrie, de l´Egypte, de la Syrie et de la Palestine, des Mèdes et des Perses, en orientaliste qui estime que « si la Bible hébraïque n´est pas séparable de l´histoire d´Israël, le peuple de Dieu n´est pas séparable du vieil Orient. »
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Puis il traite des épîtres Pauliniennes : Epîtres aux Thessaloniciens et aux Corinthiens, plus particulièrement, Epître aux Galates. Il tirera de cette étude approfondie, son travail sur la « Question judaïque dans l´Eglise apostolique » (n° 17 de la Bibliographie de Jacques Thomas). Il appuie son cours sur une histoire de saint Paul, de ses écrits, de sa doctrine, cours dont les matériaux sont demeurés dans ses notes conservées dans les Archives de l´Institut Catholique.
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Enfin il fait entrer dans le programme de son enseignement non seulement le commentaire des Evangiles, mais encore la vie du Christ : il reconstitue le milieu et le temps où Jésus a vécu, il coordonne les données synoptiques de son histoire, il explique le déroulement et le sens de sa prédication.
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A la vue de ce travail immense, qui ne couvre que dix ans de son existence, on ne peut que conclure avec Mgr. P. Batiffol : « On ne peut s´empêcher de songer aux programmes des grandes Facultés de théologie d´Allemagne, celle de Strasbourg par exemple, où trois professeurs se partagent la philologie biblique, l´exégèse des textes, l´histoire d´Israël et la vie de Jésus. A lui seul, Jacques Thomas avait constitué ce triple enseignement à Toulouse... »
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