L’église des jésuites à Anvers, une révélation.

En sortant

Le vestibule

En quittant l’église par le vestibule (Jan Pieter Van Baurscheit l’Ancien, 1721) deux femmes grandeur nature représentent les vertus les plus importantes dans la vie : à gauche, la Foi (la croix), à droite l’Espérance (une ancre) (un des bras est brisé). En prenant de la distance, nous voyons au-dessus du portail et au milieu des deux prénommées, la troisième vertu : l’Amour, symbolisé par une mère qui s’occupe tendrement de ses enfants. Ce trio représente les vertus théologales. Leur place correspond totalement au verset de la Bible : actuellement, trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité (1 Cor.13, 13). Dans notre civilisation nous lisons de gauche à droite. La Foi qui se trouve à gauche est donc la première. L’Espérance est à la seconde place, à droite. La “plus grande” des trois vertus théologales occupe le centre qui est la place d’honneur.

En général, à la période baroque, les trois vertus théologales sont représentées sur un autel où se célèbre le sacrifice d’amour de Jésus. Pourquoi les voit-on ici au-dessus du porche et uniquement en sortant ? Est-ce inspiré d’une anecdote de la vie d’Ignace ? Lors de son départ de Barcelone pour Rome (vers le 20 mars 1523) quelqu’un lui fit remarquer son imprudence de partir en pèlerinage vers la Terre Sainte sans connaître les langues et sans compagnon de voyage. Ignace désirant s’abandonner complètement à Dieu n’emportant d’ailleurs aucun argent, répondit que ‘la seule chose qu’il désirait posséder était les trois vertus : Foi, Espérance et Charité’. Un message fort pour quiconque ne se munit que d’un bagage matériel pour le voyage de la vie …

Même si ceci ne devait être que l’unique apport des jésuites esthètes de jadis à l’art de vivre des visiteurs d’aujourd’hui, on pourrait estimer qu’en construisant cette église exubérante leur but est atteint : aider les gens à réfléchir et à choisir ‘pour la plus grande gloire de Dieu’.

Sortis de l’église, sur la place Hendrik Conscience jetterez-vous peut-être un dernier regard sur son éblouissante façade ou rechercherez-vous une agréable petite terrasse pour vous détendre un peu. Néanmoins observez encore la clôture en fer forgé (1873) qui protège cette superbe façade. Comme par hasard les piquets sont décorés de croix alternant avec un cœur et une ancre. Une fois de plus les trois vertus théologales ! Ce dont le cœur est rempli … l’art ecclésial déborde …