L’église des jésuites à Anvers, une révélation.

Épilogue

L’ordre des jésuites à Anvers depuis 1835

La brève papale de 1773 ordonnant la suppression de l’Ordre des jésuites, n’avait pas atteint tous les territoires (l’Extrême-Orient, la Chine, l’Inde) ou dans certains cas elle n’avait pas été reconnue (la Prusse, la Russie). Par conséquent une petite partie de la Société de Jésus existait encore. Finalement l’Ordre est rétabli en 1814 par le pape Pie VII. Les membres de la Société augmentant rapidement, ils sont aptes à reprendre la plupart de leurs occupations d’antan, cela vaut aussi pour la Belgique, la Flandre et Anvers.

En 1834, les jésuites prêchent une grande mission dans leur ancienne église d’Anvers. Et en 1835, l’Ordre est à nouveau présent à Anvers. En 1840, les jésuites rachètent une partie de leur ancienne maison professe dans laquelle ils fondent le nouvel Institut Supérieur d’Industrie et de Commerce Saint-Ignace qui donne sur la Korte Nieuwstraat.

La même année, 1840, ils ouvrent le collège Notre-Dame dans la Keizerstraat, déplacé en 1878 à la Frankrijklei, (à l’époque la Kunstlei). Une nouvelle église des jésuites sort de terre (1877-1982), d’après un projet de Jules Bilmeyer, non pas dans l’ancien style jésuite mais dans un néo-gothique modieux. L’église est consacrée à Notre-Dame-de-Grâce. Ses deux tours, ajoutées en 1909-1910, contribuent à déterminer le panorama de la ville.

En 1856 les jésuites récupèrent Mariënborgh au Beerschot. L’expansion de la ville y hypothéquant le calme rural, on déménage vers un terrain à la frontière entre Wilrijk et Edegem, également nommé ‘Mariënborgh’.

Et oui, l’histoire se répète presque intégralement : en 1929 les jésuites recouvrent le ‘Hof van Liere’ qu’ils restaurent complètement avec leurs propres moyens. Ils y installent d’abord l’Institut Supérieur de Commerce, ensuite les Facultés Universitaires Saint-Ignace d’Anvers (UFSIA). Ils quittent la Korte Nieuwstraat où les Sœurs de la Charité ouvrent un internat-école de commerce pour jeunes-filles, actuellement intégrée dans la Lessius Hogeschool, du nom du jésuite et professeur à Louvain († 1623) pour qui l’économie n’est rentable que couplée à une réflexion éthique. Le campus ‘Carolus’ dans la Korte Nieuwstraat tient son nom de l’église Saint-Charles Borromée toute proche.

En 1935, ils ouvrent un second collège dans l’agglomération anversoise : le collège néerlandophone Saint-Xavier à Borgerhout.

Au lieu d’étudier les saints de l’Église catholique toute entière, comme l’avaient fait les Bollandistes à Anvers, depuis 1925 la ‘Ruusbroecgenootschap’ se penche plutôt sur l’histoire de la spiritualité dans les Pays-Bas.

La nouvelle maison des jésuites située à côté des installations universitaires de la Prinsstraat répond plus volontiers au nom de Romero, l’archevêque-martyr socialement engagé d’El Salvador († 1987) : il n’était pas membre de la Société, cependant il avait des relations étroites avec les jésuites de son pays qui sont fort engagés socialement.

En 2002 l’UFSIA est complètement absorbée par l’Université pluraliste d’Anvers. Le Centre Universitaire Saint-Ignace d’Anvers (UCSIA) tend à perpétuer la tradition d’un projet universitaire jésuite qui se concentre sur des thèmes qui donnent forme à une vision chrétienne de la vie au service de la foi et de la culture et contribuant à une société plus équitable.