L’église des jésuites à Anvers, une révélation.

Dans les armoires de la sacristie

Une riche collection de dentelle et de textile

La collection de dentelle de l’église Saint-Charles Borromée se compose entièrement de pièces qui ont été utilisées dans cette église au fil du temps et qui ont été produites à Anvers. Ce qui frappe est le grand nombre de pièces de lin décorées avec de la dentelle et des bandes de bordures du XVIIe siècle. La grande variété de dentelles illustre l’énorme importance d’Anvers en tant que centre du commerce de la dentelle aux Pays-Bas du Sud aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Une des pièces maîtresses de la collection est la nappe de banc de communion, composée de fragments d’une Toile de la Passion, confectionnée vers 1621 pour cacher le maître-autel pendant le Carême. Il se compose de dentelle à filet et de broderie ouverte. Les carrés en filet présentent des scènes de la vie de saint Ignace. Les gravures sur cuivre de Cornelius I Galle tirées du livre Vita Beati P. Ignatii Loiolae (1609) ont servi de modèle pour ce travail manuel. Ces gravures avaient été réalisées d’après des esquisses de Pierre Paul Rubens.

Outre les nombreuses bandes de dentelles aux fuseaux et aux aiguilles, il y a une intéressante collection de corporaux, bordés de fines dentelles aux fuseaux du XVIIIe siècle.

La collection textile comprend également un grand nombre d’antependiums ou devant d’autelir8itwr7t.99 et de chasubles en précieux tissus de soie, de toile de lin à fil d’or ou d’argent et de velours, richement décorés de broderies en fils d’or et de soie multicolore qui datent du XVIIe et XVIIIe siècles.

La chasuble dite Rubens avec son antependium de 1629, provenant de l’église des Carmes chaussés sur le Meir est un exemple unique de l’artisanat anversois.  Le tissu moiré à fil d’argent est décoré de broderies décoratives en relief doré et de médaillons figuratifs en broderie à plat de soie multicolore. Les scènes sont basées sur des compositions de Rubens.

La broderie en soie de Chine est magnifique. Un antependium du XVIIe siècle montre des oiseaux multicolores et des rameaux floraux autour d’un majestueux monogramme IHS en broderie d’or. Un ensemble de chasubles, deux antependiums et un baldaquin orné de petites fleurs, d’oiseaux et de papillons brodés de fils de soie multicolores sur soie blanche datent du XIIIe siècle. En tant que gracieuse femme Chinoise (aux yeux en amande) Marie à l’air très maternelle sur la chasuble. N’oublions pas que l’influence artistique était réciproque : les missions en Extrême-Orient ont d’abord été alimentées à partir d’Anvers par des œuvres d’art religieux et, surtout, par des milliers d’estampes gravées.